Des chercheurs du Breathwork Lab, au sein du département de neurosciences cliniques de la Brighton and Sussex Medical School, ont publié la première étude contrôlée comparant les états de conscience modifiés induits par des techniques de respiration à un comparateur actif. Cet essai, appelé « Airways to Alteration » (A2A), a été publié dans la revue *Frontiers in Psychology* en juin 2026 et avait été préenregistré sur ClinicalTrials.gov avant même la collecte des données.
La respiration consciente et connectée a été comparée à une méditation de scan corporel
Vingt-quatre adultes en bonne santé, ayant déjà pratiqué des techniques de respiration, ont été répartis au hasard entre une séance unique de « respiration consciente connectée » (une forme de respiration à haute ventilation basée sur une respiration circulaire continue sans pause) et une méditation guidée de « scan corporel » ; les deux séances se sont déroulées en position allongée et étaient accompagnées de musique. Les participants ont rempli des questionnaires sur les états modifiés de conscience juste après leur séance, puis ont passé une évaluation de suivi environ une semaine plus tard.
Les exercices de respiration ont produit des effets de type psychédélique plus marqués selon plusieurs critères validés
Le groupe de respiration a obtenu des scores nettement supérieurs à ceux du groupe de méditation en matière d’expérience mystique globale, de sentiment d’unité, d’humeur positive et d’ineffabilité, avec des tailles d’effet importantes qui, comme le notent les auteurs, se situent dans la fourchette rapportée dans les études portant sur des doses modérées à élevées de psilocybine. Sur l’échelle des cinq dimensions des états de conscience modifiés, les participants au groupe de respiration ont également fait état d’une sensation d’immensité océanique et d’une restructuration visionnaire nettement plus marquées. Les scores relatifs aux percées émotionnelles étaient eux aussi nettement plus élevés, ce qui correspond au caractère cathartique souvent décrit dans le cadre des pratiques respiratoires intensives ; plusieurs participants ont d’ailleurs mentionné dans leurs propres témoignages une forte libération émotionnelle et des phénomènes visuels pendant leurs séances. Aucun effet indésirable n’a été signalé dans aucun des deux groupes.
L’amélioration de la lucidité et du sommeil a perduré une semaine plus tard
Lors du suivi, le groupe ayant pratiqué les exercices de respiration a fait état d’une meilleure prise de conscience psychologique et d’un changement de comportement auto-déclaré nettement plus important que le groupe de méditation. Une interaction notable est également apparue concernant les troubles liés au sommeil : ceux-ci ont nettement diminué après la séance de respiration, tandis qu’ils sont restés stables après la méditation, ce qui correspondait à l’intensité de l’expérience mystique vécue. Le stress, l’anxiété, la dépression et le bien-être général se sont améliorés dans les deux groupes au cours de la semaine, sans différence significative entre eux. Les auteurs reconnaissent franchement qu’il s’agit d’une étude de validation de principe plutôt que d’une étude de confirmation : douze participants par groupe, un protocole en ouvert et une séance de respiration guidée comportant un amorçage plus explicite que la séance de méditation sont autant de limites qui restreignent la portée des résultats. Malgré tout, cet essai apporte un véritable poids expérimental à un corpus croissant de travaux sur la capacité de la respiration guidée à produire des états profonds, proches de ceux provoqués par des substances psychédéliques, en utilisant rien d’autre que la respiration elle-même, et ouvre la voie à des essais de confirmation à plus grande échelle, ce qui constitue la prochaine étape logique.